Et cela fait neuf victoires pour l’écurie Perdrau à l’occasion de ce vingt-neuvième acte grâce au succès de Kalinago que l’on s’attendait à voir briller un peu plus tôt au cours de la saison. Un bilan peu flatteur mais honnête pour cette petite formation, compte tenu de la forte compétition qui règne au Champ de Mars.
L’entraîneur Alain Perdrau n’avait engagé que trois partants au cours de la journée, Maverick, Pegasus Legacy et Kalinago. Le moins que l’on puisse dire c’est que si le premier nommé a été inexistant dans la quatrième course, les deux autres furent sources de satisfaction.
En selle sur Kalinago dans la dernière course, dotée de The Hello Polly Plate, Rye Joorawon ne laissa pas passer sa chance. En effet, bien qu’étant nanti de la stalle numéro 7, Kalinago eut la possibilité de bien se placer en quatrième position, juste derrière les meneurs que furent Days Of Yore, Carson City et Freedom. Galopant one off, à l’extérieur de Halabaloo, sur presque tout le parcours, Joorawon choisit de déboîter sa monture à 350 mètres du but. Il fut le premier à passer à l’offensive. Dès lors, on vit ce fils de Tamburlaine virer en tête dans l’ultime tournant avant de faire le trou à mi—ligne droite.  
« Il avait un peu hésité lorsqu’il était muni des oeillères pour la toute première fois. Il n’était pas trop à l’aise. Il faut croire qu’il s’en est habitué maintenant. Par ailleurs, il faut aussi reconnaître que le champ était vraiment coriace avec des chevaux comme Freedom et autres Halabaloo. Mais au bout du compte, il les bat tous. Il donne ainsi raison à l’entraîneur qui avait décidé de le garder dans la dernière course malgré une ligne exécrable, alors que le cheval avait hérité d’une meilleure ligne dans les entrées de la cinquième course. C’est du reste une belle victoire qui en appellera d’autres», a déclaré le Mauricien.
« Le faire partir de loin, était mon choix »
Interrogé sur la tactique choisie, soit le fait d’avoir démarré d’aussi loin, le recordman de victoires au Champ de Mars dira : «  La décision de prendre le first run vient de moi parce que c’est un cheval qui hésite beaucoup. J’ai donc préféré le faire travailler avant les autres. C’était mon choix et il m’a donné raison.»
On ne vendait pas cher les chances de Pegasus Legacy dans l’épreuve phare. Il était offert à 19/1 chez certains bookies. D’une part, il avait contre le lui une dixième ligne et un handicap de 59.5 kg. D’autre part, les Wieland, Istriqraar et Gida étaient des adversaires redoutables dans cette épreuve. Toutefois, le cheval de la famille du Mée fit une belle prestation, ayant pu s’octroyer une troisième place derrière Wieland, lequel, rappelons-le, eut une course en or.
Toujours vu en dernière position, Pegasus Legacy passa à l’offensive à 350 mètres du but. Trouvant le passage en pleine piste dans la ligne droite, ce fils de Fusaichi Pegasus termina sur une plaisante note.
« Une dixième ligne et une lourde charge. Deux paramètres qui lui ont rendu la course difficile. Il termine bien malgré cela. En effet, il est troisième dans un lot très compétitif », a dit notre interlocuteur.
« Maverick m’a déçu »
La déception est venue de Maverick, selon Joorawon. Au cas contraire, la journée aurait été une « réussite ».
Prompt au départ, Maverick opta pour la position tête et corde dans la quatrième course, longue de 1600m. Toutefois, il ne fut pas en mesure de repartir de nouveau en ligne droite. Il ne récoltera qu’une modeste septième place, à plus de cinq longueurs du gagnant, Sands Of Fire.
« Je suis un peu déçu de sa course. A voir sa fiche, il devrait être un powerful frontrunner. Je suis sceptique. Je pense qu’il aura besoin de deux ou trois courses pour retrouver ses automatismes. On devrait le voir en progrès d’ici à l’année prochaine.»
Pour l’heure, Rye Joorawon est bien parti pour savourer un autre titre chez les locaux. Il totalise onze victoires et occupe seul le fauteuil de leader chez les Mauriciens.