Puisque les syndicalistes n’arrivent pas à faire passer leur message aux travailleurs lors de la fête du Travail, le président du Mauritius Labour Congress suggère à chaque grand parti politique qui organise des meetings publics à cette occasion d’accorder un temps de parole d’une quinzaine de minutes à l’un d’eux. « N’oublions pas que cette fête est avant tout celle des travailleurs », lance Haniff Peerun.
« L’idée est que ce ne sera pas aux partis politiques de choisir quel syndicaliste inviter sur leur plateforme. Ce sera plutôt au Conseil des Syndicats ou à une plateforme composée des cinq confédérations syndicales de faire ce choix et de déléguer un syndicaliste par meeting », explique Haniff Peerun.
Le président du Mauritius Labour Congress (MLC) demande aux partis politiques et syndicalistes de réfléchir à cette proposition car « année après année, nous constatons une baisse du nombre de travailleurs aux activités des syndicats lors de la fête du Travail. » « Si cette proposition se concrétise, il faudra assurer la sécurité des syndicalistes qui seront appelés à prendre la parole à ces meetings. Ils devront être libres dans leurs propos, de critiquer le gouvernement et l’opposition kinn finn amenn nou dan sa sityasion ekonomik difisil la. »
Haniff Peerun suggère que le gouvernement, en consultation avec les syndicats, décrète une Place du 1er-Mai, soit à Rose-Hill soit à Port-Louis, pour rendre hommage aux travailleurs. « Il existe toutes sortes de places, mais il n’y en a pas une dédiée aux travailleurs qui tiennent pourtant l’économie du pays sur leurs épaules. Ils travaillent dur, certains de nuit, durant les catastrophes, cyclone ou pas… Ça mérite bien une place pour leur rendre hommage. »
Le président du MLC lance un appel au ministre du Travail qui prépare des amendements aux deux lois du travail, l’Employment Relations Act et l’Employment Rights Act, à « en inclure un afin d’imposer à tout nouveau travailleur de se syndiquer, comme c’est le cas dans certains pays ». Haniff Peerun demande également à Shakeel Mohamed de « ne pas trop tarder avec ces amendements ».