La victoire du Rodriguais Facson Perrine (63.5 kg) face au Gabonais Anguy Assoumou, le 9 juin dernier, au Gabon, pourrait bien être le début d’une grande aventure pour la boxe professionnelle en Afrique. Il nous revient, en effet, que l’organisation de ce gala pour la mise en jeu de la ceinture intercontinentale pourrait déboucher sur la mise en place d’un circuit professionnel sur le continent. Selon l’entraîneur national mauricien, Judex Jeannot, qui était également au Gabon en juin dernier, le projet semble être en bonne voie, d’autant que l’autorisation de la Professional World Association of Kick-Boxing Organization (WAKO Pro) a déjà été obtenue.
L’homme qui est justement derrière ce projet n’est autre qu’Éric Ella,  président de la Fédération gabonaise de Kick-Boxing et également secrétaire-général de la Confédération africaine de Kick-Boxing. Il est d’ailleurs celui qui a organisé le gala du 9 juin dernier, avec le soutien de ses proches collaborateurs. Selon Judex Jeannot, l’objectif derrière un tel projet  est surtout de permettre aux tireurs africains d’évoluer dans un autre giron  que l’Europe, l’Asie ou les États-Unis.
Pour Judex Jeannot, l’idée est fort louable. Reste, a-t-il ajouté, qu’il va falloir attendre de voir comment évoluera le projet. « Éric (Ella), qui est un ami de longue date, m’a expliqué avoir déjà obtenu le feu vert de la WAKO Pro pour être le promoteur de ce genre de gala au niveau de l’Afrique », a-t-il déclaré. Judex Jeannot a ajouté que les tireurs les plus titrés auront non seulement la chance d’avoir encore plus de combats, mais aussi de bénéficier des primes alléchantes en fonction de leurs palmarès.
A titre d’exemple, Facson Perrine a obtenu la somme de 2 200 euros (environ Rs 88 000) rien qu’en participant au combat pour la mise en jeu de la ceinture intercontinentale, détenue par le Mauricien Mervyn Babajee en 2006 (Maurice). Pour la mise en jeu prochaine de sa ceinture , Facson Perrine se verra offrir une prime de participation de 2 700 euros (environ Rs 108 000). « Hormis ce cachet, le tireur est totalement pris en charge que ce soit au niveau du billet d’avion ou de l’hébergement. J’estime donc que c’est une belle ouverture, une opportunité qui apportera un plus au kick-boxing mauricien », a expliqué l’entraîneur national.
Professionnel
Hormis Facson Perrine, Judex Jeannot voit d’autres tireurs, à l’image de Fabrice Bauluck (54 kg), James Agathe (81 kg) et même le jeune Burtland Simisse (51 kg), intégrer facilement ce circuit. Ces derniers ont déjà été mis au courant de ce projet et selon lui, il y a un réel engouement en faveur du kick-boxing professionnel. « Nos tireurs ont l’habitude de tirer face à des professionnels lors des Championnats du monde. Donc, je ne pense pas que cela posera un problème. Là où les données changent, c’est au niveau de la durée des combats. Si en amateur, c’est trois rounds de deux minutes, en revanche en pro, c’est cinq rounds de trois minutes en low kick et de 10 à 12 rounds de deux minutes en full contact », a-t-il fait ressortir.
Judex Jeannot est même d’avis que  ce sera une très bonne chose pour la discipline si ce projet devient une réalité en Afrique. Car selon lui, ce genre de circuit en Europe est très mouvementé, avec des gros combats organisés chaque semaine. « Si ce projet se matérialise, nos tireurs seront plus souvent en activité que d’habitude. » Selon Judex Jeannot toutefois, l’engagement dans des combats professionnels requiert beaucoup d’investissement surtout au niveau de la préparation. « Contrairement à notre calendrier où nous savons quand nous aurons une compétition, en professionnel, les tireurs seront appelés à boxer à n’importe quel moment. Ils devront ainsi être prêts à tout moment », a-t-il souligné.
Un autre gala avant la fin de l’année
D’autre part, Judex Jeannot a expliqué qu’Éric Ella procédera très prochainement à la mise en place d’un comité pour gérer ce dossier. « Comme je le connais depuis de longues années, Éric m’a proposé de faire partie de ce comité. Je lui ai fait comprendre que ce sera difficile. Laissons d’abord les choses suivre leurs cours avant de nous prononcer », a-t-il avancé. Selon l’entraîneur national, Éric Ella et lui ont aussi longuement discuté de ce projet et il dit même avoir proposé ses idées. Car selon lui, l’objectif d’un tel projet est avant tout de rendre l’Afrique encore plus performante. « Éric me donne l’impression qu’il a beaucoup d’envie et de détermination sur ce projet. S’il parvient à réaliser ce rêve, ce sera bénéfique pour l’Afrique, puisqu’il y aura des échanges de ceintures continentales et même au niveau mondial », a-t-il fait remarquer.
Par ailleurs, Judex Jeannot a ajouté que le gala du 9 juin dernier avait été très bien organisé. « Éric et son équipe ont investi gros dans l’organisation  et je peux dire que c’était une réussite. » Selon lui, un autre gala de ce genre doit se tenir d’ici deux mois. Ce qui est peu probable d’autant, a-t-il souligné, qu’organiser ce genre de gala nécessite un gros investissement financier. « Si tout se passe bien, je pense que cela devrait se faire d’ici la fin de l’année. Mais ce qui est sûr, c’est que le gala organisé au début du mois dernier, deviendra un tournoi annuel », a conclu Judex Jeannot.