Dhanraj Kissoon, ancien Chief Manager au département terminal et logistique de la Mauritius Shipping Corporation Ltd (MSC), avait logé une demande d’injonction en Cour suprême pour avoir été licencié alors que la compagnie et lui se seraient entendus pour une retraite tardive. Il réclame alors le montant de la pension qui lui est dû selon le Pension Scheme. Le juge Nicholas Ohsan-Bellepeau, dans un jugement rendu la semaine dernière, a rejeté sa demande, statuant notamment qu’il n’a pu prouver que son employeur avait consenti à sa retraite tardive quand il a atteint l’âge de 60 ans.
Dhanraj Kissoon, qui n’est autre que le beau-frère de l’ex-ministre Anil Baichoo, occupait un poste de Chief Manager à la MSC depuis les années 90. Il soutient que, selon le Pension Scheme administré par la State Insurance Company of Mauritius Ltd, une pension de retraite est pourvue pour tout employé atteignant le normal retirement age, soit 60 ans. Il avait atteint cet âge en mai 2015, mais devait rester en service, et ce avec le consentement de son employeur pour une retraite tardive. Toutefois, il soutient que, dans une lettre datée du 16 novembre 2015, il avait été informé que son poste avait été aboli. Il avait saisi l’Employment Relations Tribunal pour licenciement injustifié et avait reçu de l’employeur des indemnités de départ. Dans cette nouvelle action logée en cour, Dhanraj Kissoon déplore le fait d’avoir eu à prendre sa retraite à 60 ans lorsque son poste a été aboli, alors qu’il avait reçu l’accord de la MSC pour travailler jusqu’à 65 ans. Il soutient que la décision de la MSC d’avoir retenu sa pension est « unlawful, unfair, unreasonable, abusive and tainted with bad faith ». Il réclamait ainsi le paiement de sa pension avec effet rétroactif.
La MSC pour sa part nie avoir donné son consentement pour la retraite tardive du plaignant quand il a atteint l’âge de 60 ans, soutenant que Dhanraj Kissoon avait « simplement continué de travailler car l’âge de la retraite avait été étendu à 65 ans selon les amendements à la loi ». La compagnie soutient ainsi que ses réclamations pour sa retraite tardive et les bénéfices qui y sont associés n’ont pas lieu d’être car il n’avait pas encore atteint l’âge de 65 ans. Le juge Ohsan-Bellepeau, dans son arrêt, devait trouver que Dhanraj Kissoon n’avait pu démontrer qu’il y a eu ingérence de la part de la MSC. « I find that the applicant has been unable to put forward a sufficiently clear case that his employer consented to his late retirement when he reached the age of 60 », a-t-il déclaré, rejetant ainsi sa demande. La Mauritius Shipping Co Ltd s’était retrouvée sous les feux des projecteurs depuis 2013 lorsqu’une enquête fut réclamée sur les employés qui seraient des proches de l’ex-ministre Anil Baichoo. Cette enquête avait par la suite mené à une vague de licenciements, dont celui de Dhanraj Kissoon.