Dans la correspondance envoyée au ministre de l’Éducation le 8 mars dernier pour annoncer la « fermeture définitive » de ses neuf écoles spécialisées en décembre 2013, l’APEIM fait état des problèmes financiers et de l’absence d’un dialogue avec l’État malgré ses nombreuses sollicitations. Depuis la semaine dernière, cet organisme qui oeuvre depuis 1970 auprès des handicapés mentaux commence à informer ses collaborateurs habituels à Maurice et à l’étranger de sa décision « irrévocable ».
Quelque 250 jeunes de 6 à 16 ans fréquentent actuellement les neuf écoles de l’Association de parents d’enfants inadaptés de l’île Maurice (APEIM) à travers l’île et les responsables de cette organisation se disent conscients que cette décision aura un « impact catastrophique » non seulement sur la vie de ces jeunes mais aussi sur celles de leurs parents. Le personnel de ces centres, lui, sera au chômage à compter de janvier 2014, et ce n’est pas de gaieté de coeur que les responsables de cette organisation arrivent à cette décision qui serait aujourd’hui « irrévocable ».
Dans la lettre envoyée le 8 mars au ministère de l’Éducation, l’APEIM rappelle les nombreuses correspondances adressées ces dernières années à ce ministère relatives à ses demandes d’aide financière pour continuer à faire fonctionner ses écoles, sans obtenir aucune réponse. Las de cette indifférence à la cause qu’elle défend depuis 1970, l’APEIM dit que c’est avec un sentiment de « tristesse et d’amertume » qu’elle annonce sa décision de ne plus pouvoir continuer sa mission auprès des jeunes handicapés mentaux.
Dans les milieux de l’APEIM et parmi les bienfaiteurs de cette organisation, plusieurs personnes ne manquent pas de souligner que c’est le devoir de l’État en premier d’assumer ses responsabilités dans l’éducation pour tous les citoyens mauriciens indistinctement, y compris les enfants et les jeunes avec un handicap. Certaines personnes oeuvrant auprès des handicapés ajoutent que l’aide aux personnes les plus vulnérables n’est nullement une faveur de la part de l’État mais que c’est sa responsabilité première, d’autant que Maurice a signé plusieurs conventions relatives aux droits des enfants et à la protection des personnes handicapées.