SERVICES FINANCIERS : Mauritius Finance s’inquiète de la hausse des frais de licence

– Faraz Rojid : « Jusqu’où peut-on continuer à augmenter le coût de faire des affaires sans affecter la compétitivité de Maurice ? »

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Les nouvelles augmentations des frais de licence applicables au secteur du Global Business préoccupent Mauritius Finance. Son Chief Executive Officer, Faraz Rojid, met en garde contre les conséquences qu’une telle politique tarifaire pourrait avoir sur la compétitivité du centre financier mauricien.

« Après plus d’une année, nous regrettons que le résultat se traduise, selon notre analyse, par une augmentation moyenne d’environ 35% des frais de licence, certaines catégories enregistrant des hausses comprises entre 200% et 400%. De telles augmentations modifient profondément le coût de faire des affaires à Maurice », déplore Faraz Rojid de Mauritius Finance.

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Pour le CEO de Mauritius Finance, ce ne sont pas uniquement les chiffres qui interpellent, mais la tendance qui se dessine. Il fait remarquer que, pour la deuxième année consécutive, le secteur du Global Business est appelé à absorber une nouvelle vague d’augmentations de ses coûts d’exploitation.

Il rappelle qu’en 2025, les frais d’enregistrement avaient déjà été doublés. Cette année, le budget prévoit également un doublement des frais applicables aux Tax Residence Certificates, en plus de nouvelles hausses des frais de licence. « À un moment donné, il est légitime de se poser une question simple : jusqu’où peut-on continuer à augmenter le coût de faire des affaires sans affecter la compétitivité de Maurice ? » s’interroge-t-il.

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Faraz Rojid souligne que Maurice évolue dans un environnement extrêmement concurrentiel où chaque décision fiscale ou réglementaire est scrutée par les investisseurs internationaux. Le pays est en compétition directe avec des places financières telles que Singapour, le Luxembourg, Dubaï, les Îles Caïmans ou encore Jersey, qui cherchent toutes à attirer les mêmes investisseurs, fonds d’investissement et structures internationales.

« Dans cet environnement hautement concurrentiel, chaque décision qui augmente les coûts influence inévitablement les arbitrages des investisseurs entre les différentes juridictions », prévient-il.

Le CEO aborde le poids considérable du secteur financier dans l’économie mauricienne. Celui-ci contribue à près de 13% du Produit intérieur brut, représente environ 60% des recettes de l’impôt sur les sociétés, soit près de Rs 15,4 milliards, fait vivre quelque 20 000 personnes et constitue une source importante de devises pour le pays.

« En fragilisant sa compétitivité, nous prenons le risque de compromettre ces contributions, mais aussi la croissance économique, le développement du centre financier mauricien et les flux de devises qui alimentent notre économie », souligne-t-il.

Pour illustrer ses inquiétudes, Faraz Rojid cite le cas des Authorised Companies, dont les frais de licence augmenteraient d’environ 300%. Maurice en compte actuellement 6 366. Selon les estimations de Mauritius Finance, si une partie de ces sociétés choisissait de transférer ses activités vers des juridictions où les coûts demeurent plus faibles, le manque à gagner direct pour l’État pourrait atteindre près de Rs 129 millions par an au titre des seules licences.

Mais l’impact irait bien au-delà des recettes administratives. Chaque société installée à Maurice fait travailler un écosystème complet composé de sociétés de gestion, de banques, de cabinets d’audit, de cabinets d’avocats, de fiscalistes et de nombreux autres prestataires spécialisés.

« Si ces structures décident de quitter Maurice, c’est l’ensemble des retombées économiques qui sera affecté », affirme le CEO, évaluant ces activités connexes à près de Rs 1,4 milliard. Il souligne également que ces entités appartiennent souvent à des groupes internationaux plus vastes ou sont détenues à travers des trusts dans le cadre de structures de gestion de patrimoine. « Lorsqu’une entité est redomiciliée, c’est souvent toute la structure qui est réexaminée », explique-t-il.

Pour Mauritius Finance, les enjeux dépassent donc largement la seule question des recettes budgétaires immédiates. L’organisation estime que les choix opérés aujourd’hui auront un impact sur le positionnement stratégique de Maurice comme centre financier international et comme juridiction de référence pour la gestion de patrimoine privé.

En conclusion, Faraz Rojid lance un appel à une réflexion de fond sur l’équilibre entre impératifs budgétaires et compétitivité économique. « Nous devons nous interroger sur le signal que nous envoyons aux investisseurs internationaux. Cherchons-nous à maximiser les recettes à court terme, au risque de fragiliser notre attractivité à long terme ? », conclut-il.

Pour le secteur financier, le débat dépasse désormais la simple question des frais de licence. Il touche à la capacité de Maurice à préserver les atouts qui lui ont permis de s’imposer, au fil des années, comme l’un des principaux centres financiers internationaux de la région.

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