Patrimoine : Mookhesswur Choonee revient sur le passage de Gandhi à Maurice et son héritage

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À l’occasion du 157e anniversaire de la naissance du Mahatma Gandhi, célébré le 2 octobre 2026, Mookhesswur Choonee, ancien ministre des Arts et de la Culture, a évoqué au Gandhi Square, à Rivière-du-Rempart, le séjour de celui-ci à Maurice en 1901. Son intervention a mis en lumière les liens entre cette visite, la défense des travailleurs engagés et la diffusion des idées gandhiennes dans le pays.

Le passage de Mohandas Karamchand Gandhi à Maurice constitue un épisode important de l’histoire des relations entre l’île et l’Inde. À l’époque, celui qui deviendra le Mahatma est un avocat de 32 ans, déjà engagé dans la défense des droits des Indiens en Afrique du Sud. Il voyage avec sa famille à bord du SS Nowshera, qui relie le Natal à Bombay.

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Les recherches fondées sur la presse de l’époque situent son séjour du 29 octobre au 15 novembre 1901, soit environ dix-huit jours. Dans son autobiographie, Gandhi explique que Maurice était une escale du voyage et que l’arrêt prolongé du navire lui permit de descendre à terre et de se familiariser avec les conditions locales. Il y précise également avoir été, pendant une nuit, l’hôte du gouverneur de la colonie, Sir Charles Bruce. Il est donc préférable de parler d’une escale prolongée plutôt que d’attribuer avec certitude sa venue à une panne technique.

L’éducation et la défense des droits

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Dans son exposé, Mookhesswur Choonee a replacé cette visite dans le contexte de l’engagisme. Les Girmitiyas, ces travailleurs venus de l’Inde sous contrat, avaient apporté une contribution considérable à l’économie sucrière et au développement de Maurice. Leur condition demeurait cependant marquée par les contraintes du travail sur les plantations, les inégalités sociales et un accès limité aux moyens de défendre leurs droits.

L’éducation, l’organisation collective et la participation à la vie publique sont généralement présentées comme les principaux enseignements associés au passage de Gandhi. Plutôt que de reproduire ces messages sous la forme de citations dont le libellé exact n’est pas établi, ils peuvent être résumés ainsi : instruire les enfants, mieux connaître ses droits et agir collectivement pour améliorer sa condition.

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Le séjour de 1901 ne saurait, à lui seul, expliquer les transformations ultérieures de la société mauricienne. Il s’inscrit néanmoins dans une histoire plus longue de mobilisation pour la dignité, l’accès à l’instruction et la représentation politique.

Manilal Doctor, un acteur décisif

L’un des prolongements les plus concrets de ces liens fut l’arrivée de Manilal Maganlal Doctor. Encouragé par Gandhi à se rendre à Maurice, cet avocat formé à Londres débarqua le 11 octobre 1907. Il y exerça jusqu’en 1911, soit environ quatre ans. Son action associa la défense juridique des travailleurs, l’organisation sociale et le journalisme.

Manilal Doctor intervint contre les abus auxquels étaient confrontés les travailleurs indo-mauriciens et contribua à rendre leurs difficultés plus visibles. Il participa également au développement d’associations et de mouvements de réforme, notamment autour de la Young Men’s Hindu Association et de l’Arya Samaj.

Le 15 mars 1909, il lança The Hindustani. Le journal parut d’abord en anglais et en gujarati, puis en anglais et en hindi. Il offrit une tribune importante à la défense des droits et aux préoccupations de la population d’origine indienne. Sa création représente un jalon majeur de la presse indo-mauricienne et du développement du journalisme en hindi dans l’île. Elle ne marque toutefois pas le commencement de la presse libre à Maurice, dont l’histoire est antérieure.

Thambi Naidoo, un lien mauricien avec le satyagraha

Les rapports entre Gandhi et Maurice ne se limitent pas à son escale. Né à Maurice en 1875 dans une famille d’origine tamoule, Thambi Naidoo devint l’un de ses proches compagnons de lutte en Afrique du Sud.

Gandhi lui rend hommage dans Satyagraha in South Africa. Son engagement dans la résistance non violente contre les discriminations illustre la contribution d’un Mauricien à cette expérience politique, essentielle dans le parcours du futur dirigeant indien. Il convient de le présenter comme l’un de ses fidèles collaborateurs, plutôt que comme son unique ou son plus fidèle lieutenant.

Un héritage transmis à Maurice

Au cours des décennies suivantes, les idées gandhiennes trouvèrent des relais à Maurice. Basdeo Bissoondoyal, qui rencontra Gandhi à Lahore en 1934 puis à Calcutta en 1937, contribua à leur diffusion par son travail éducatif, culturel et social. Son engagement accordait une place centrale à l’instruction et à l’émancipation des populations défavorisées.

La date du 12 mars, jour de l’indépendance mauricienne en 1968, fait également écho au départ de la Marche du sel menée par Gandhi en 1930. Ce rapprochement symbolique figure dans les discours officiels, même si les circonstances précises du choix de la date ont fait l’objet de discussions historiques.

En 2001, la Banque de Maurice a émis une pièce commémorative en argent de Rs 100 pour marquer le centenaire de l’arrivée de Gandhi. L’Institut Mahatma Gandhi et les commémorations organisées dans le pays témoignent, eux aussi, de la place durable de sa mémoire.

À travers ce rappel historique, Mookhesswur Choonee a souligné la portée d’un héritage fondé sur l’éducation, la dignité et la non-violence. Un héritage dont la transmission gagne à s’appuyer sur des faits documentés, tout en reconnaissant le rôle propre des acteurs mauriciens

V. S

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